Avant

Lorsque l’on me demandera, « Mais sinon l’amour pour toi ? » en ricanant peut être  en coin « Comment tout a commencé ? » Il n’y aura pas d’histoires numériques prévendues, il y aura encore un cerisier en fleur, un air de printemps, une maison biscornue, dans mes quinze ans, quelque chose d’un roman à l’eau de rose, être amoureux de la première de la classe, rien n’est écrit bien sûr, ni mon amour des textes, des beaux livres, de la belle musique celle que l’on disait maladroitement grande et qui se révèle immense.

Comme un aimant, comme un amant je crois avoir toujours suivi et suivre encore et préféré abandonner tout pour le beau et ce qui agace ma curiosité qui, si elle est un vilain défaut, me conduira sûrement à la dédicace de Vallès « A tous ceux qui nourris de grec et de latin sont morts de faim » Programme réjouissant, mais tant pis. Inadapté certainement, préférant encore, la danse des jeunes filles aux lys ou l’appel de oiseaux. Bref si un jour on me demande quoique ce soit, faites l’inverse de tout ce que je répondrai et vous serez alors en sécurité et certainement riche.

©Moi-2020

Les dimanches d’un bourgeois de Paris

Il  me revient les grandes phrases de Warren Buffet « C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner ».  Tiens, je croyais que ce truc de classes était le monopole des crypto-cocos. Ah ! De la rive droite de la Seine, de ses courbes, de ses boucles et méandres, me voici près de Lubrizol-sur-Seine. En voilà une idée, moi qui aime les rivages impressionnistes, de la même rive droite de la mairie de Paris du président Chirac, et son « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

La rive droite de la Seine qui m’emmenait d’abord samedi à la Fondation Henri Cartier Bresson, ah oui – il photographie la Chine de Mao – et je me retrouve ensuite près du Seveso rouennais du libéral Warren Buffet. ll devient compliqué de se vouer à un saint timonier aussi libéral que socialiste, les absolustistes ne manquent pas de méthodes. Mais quelles méthodes ? Ah  oui. Moi, en ce qui me concerne sur ce sujet, je suis cerné par des représentants raisonnables non pas politiques qui eux maintenant avant que je ne l’ouvre, me refilent des livres à ouvrir d’abord : la méthode à René.

Mes dimanches d’un bourgeois de Paris me font flâner plus loin désormais le long de la rive droite de la seine, Monet et Flaubert, bientôt Giverny, me voilà depuis le cœur de Paris, de la place Dauphine par Saint Lazare l’ami de Jésus, la prison de la terreur ou hôpital bref ce qui vous plaira, guidé par Lantier, sa Lison ou une Pacific 231  et plus loin au bout Pierre et Jean du Havre.  Une lutte entre l’art et l’industrie, entre la liberté et l’asservissement… Toujours le même bras de fer depuis tout ce temps.

Attendre

Il a l’air d’être Vladimir et Estragon à la fois, à moins qu’il ne soit Godot lui-même les attendant à son tour « En attendant Vladimir et Estragon », mais oui bien sûr, quelqu’un avant moi y a pensé , c’est évident, on n’est jamais le premier à inventer un truc pareil, un monologue de Godot. Il  devait les attendre ailleurs , et il ne se passera rien de plus dans cette version, nous devons respect à l’auteur et son sens provocateur…

Il  a aussi un air de cet Ignatius de John Kennedy Toole… est-il lui aussi très érudit, et obsédé par son anneau pylorique ? A moins que…. L’Ours de Tchekov ? Non, pas assez Ours; ce Grigori Stépanovitch Smirnov, trop faussement parigot pour être véritablement russe. A moins que ce ne soit seulement pour rire, alors pourquoi cet air inquiet ? Ridicule , inadapté ? Nous le sommes un peu tous, pas toujours heureusement, la blague qui ne prend pas, on ne fait plus rire, alors la métamorphose commence, la casquette et la moustache pousse et voilà qu’est en train de naître la vraie personnalité anonyme de celui qu’on va oublier, dont personne ne connaîtra jamais le cirque, les  clowns et l’art. Soi quoi .

Le théâtre c’est fini, et vient le temps des regrets, des lendemains de fêtes et de la gueule de bois, Mais qu’a t-il  donc fait de toute sa vie pour être accoutré pareillement ? Sa vie n’est pas encore finie et peut être pas commencée non plus, et pourtant il attend déjà sa fin. La rue va l’avaler tout cru dans quelques instants  et ne rien laisser. La place de Grève où il est assis, en a vu disparaître d’autres dans les poubelles de l’humanité et de célèbres encore, des suppliciés en tous genres de Ravaillac à la Brinvilliers. Une chance, un délai du moins pour lui c’est aujourd’hui la grève des éboueurs à Paris. Il attend.

©Moi- 2020 – Inconnu Paris