Photo De Classes

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Je tombe sur une photo de ma classe de CE1, la mixité ? Que des garçons… Que des blancs, houlà, il y a bien sur les bronzés de service qui vivent encore dans les bidonvilles de Puteaux (92). Ha ? Je croyais que tout était si magnifique dans ces années 70, la croissance tout çà, la douceur de vivre ? J’ai encore entendu et venant du milieu artistique, pourtant au dessus de tout non, bien pensance inside ?  « Les tchèques ? Un peuple qui n’a pas été souillé ». Oléééé !

En revenant à la photo de ma classe, on peut aussi y aller dans la particularité de ces petits garçons à tête blonde mais pas que et reconnaître celui qui s’est suicidé, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, l’homosexualité dit-on, ou encore, celui qui est devenu violeur, un arabe vous m’direz… ha pourtant Papa est breton même si maman est algérienne, mais au fait l’Algérie avant… Bin le 92 c’était Oran, et 93 Constantine, les numéro départements, attribués ensuite, hauts de seine et seine saint denis. ca devrait plaire ça c’est bon pour la facosphère ça… 91 ? Alger… Même si à l’époque, il faut remettre dans son contexte comme on dit toujours, l’Algérie n’est plus française, bon bref, On est pas tous un peu français … quand un p’tit peu même carrément non ? La majorité silencieuse, disparu dans les boulots obscurs du tertiaire, Une mixité plus verticale qu’horizontale encore dans cette école publique des années 70. La vraie mixité donc, celle des classes.

Les camarades de classe, ( NDLR houla doucement le coco entendez collègue d’école) pour moi vivaient aussi bien donc dans le bidonville du pont de Puteaux en l’attente d’un logement, que dans les vieilles baraques insalubres d’un monde ouvrier finissant d’essorer en révant au club méditerranée et au camping caravaning d’Aout. Mais aussi les bourgeois des beaux quartiers, fils de comédien, plus que connu, oui le fils était dans l’école publique, celui qui était au piano, et celui le plus important qui avait le ballon de foot. Oui même sur les terrains de football de fortune, du bois de Boulogne, on se croisait. Heu les HLM c’était le temps des grandes familles, douze enfants, les FMA obtenant de plus en  pllus des HLM non sans mal, aussi au fur et à mesure que le « français » accédait lui à la propriété !! Haaaaa la propriété, vertu parmi toutes les vertus. Pendant ce temps les cars qui partaient pour les usines, d’ailleurs gentiment affrétés par le gentil patron, étaient « remplis » surtout d’habitants des quartiers pauvres de la ville. Aujourd’hui « gentrifié » en joli centre ville pour bobo qui aiment chier bio.

En suite ua C.E.S,  Les juifs et la kippa bien sur, les cambodgiens, qui intégraient les classes, les ivoiriens, oui la mixité colorée arrive de plus en plus, mais c’est la mixité de classe qui fait le plus défaut, devant cette horde de mulâtre et autre indigènes, les familles françaises effrayées ont pu fuir leur responsabilité du vivre ensemble. Rappelez la belle manif sous Mitterrand, un genou à terre, une génuflexion vers l’école privée, et c’est parti. La médecine, libre, l’école libre, on dit pour tous aujourd’hui…

Tous ? Tout le monde est coupable d’avoir laissé grandir ce monde sur lequel tout le monde crache pourtant, ce n’est pas celui que vous vouliez ? Ils ne sont pas contents… Le p’tit boulot, la ‘ptite bagnole, la p’tite bonne femme qui grossit comme le compte en banque : COLLABOS ! Tout le monde est responsable de ce communautarisme hitec, fascismes et antisémites à l’envi. Oui criez, vous avez déjà peur. Peur de sa lâcheté, en rêvant d’un retour de l’autorité. celle de Vichy, celle de Munich, de Madrid, de Rome? Salauds ! Vous êtes des salauds. Le règne des lettres anonymes est de retour, celui des tondeuses ne va pas tarder celui de la lâcheté populaire, les dieux ont soifs disaient Anatole France. Sentez cette pépie, cette sécheresse revenir, monter, en pensant que le nationalisme va étancher la soif des moralistes, . Salauds, vous laissez faire. Ne croyez que ça bouge, non ce qui gronde c’est l’ignorance rien, Il faut un peu de lacrymogènes pour sortir quelques larmes de ce monde sec et aride.

Moi, Passe Muraille ?

Ha oui je ne saisis pas tout, cette complicité qui m’habite qui me partage entre photographie écriture et musique, je n’avais pas remarqué que ces trois disciplines pour employer un mot d’enseignement à la grecque, étaient si liées, du moins chez moi. Reprenons depuis le début. Enfin il n’y a pas d’ordre chronologique, à chaque note et ce dès le plus jeune, dès la première touche de piano croisée, s’ouvre à moi, une image, un climat sur lequel mettre des mots. Alors oui la photo, à chaque cliché s’ouvre une histoire, et des sons, comme un cinéma démantibulé, et on continue, à chaque mot écrit, une image qui s’anime. On touche du doigt tout ça, comme si l’on passait à  une autre dimension, un passe muraille, un psychotrope puissant.

Bien sûr on peut essayer de garder raison et se dire non, non, non, Madame mon épouse avait bien raison, Monsieur mon mari, il faut être électricien ou pâtissier enfin un truc où je ne vagabonde plus, pour devenir propriétaire… Oui propriétaire, c’est important, capital  mais où ai-je donc la tête ? Voilà, tant qu’à visiter les fées et les muses, la fée électricité me reliera à la terre, c’est raisonnable. Merci la vie !  Sans compter les jaloux, Ne parlez pas de votre don de dieu : vous êtes le Schpountz !

Alors, d’accord, moi je veux bien faire comme tout le monde, payer mon terme, être un bon père, un bon mari, être l’ami sur qui on peut compter,, alors  d’accord pour ne plus passer pour un excentrique, me réfugier derrière la technique, c’est bien, la technologie, devenir un bon ouvrier, « à défaut d’avoir du talent sois un bon technicien me disait un pote du cinéma ». Bien je serai « cheville ouvrière » et « travailleur de l’ombre » surnoms donnés par les grandes sociétés de productions de disques. Confiez moi un budget, jamais aucun dépassement je m’y engage, Économe et artiste c’est possible … Enfin artiste, dans l’industrie ce n’est pas incompatible. C’est ce qui se dit. Demandez à Dali…

Bref, De l’air, on étouffe ici.  écrire plutôt que lire, photographier plutôt qu’écrire, composer plutôt que photographier, lire plutôt que penser…  Bon sang mais c’est bien sûr, Consubstantialité…  ! tout est lié, rien ne s’oppose, c’est le même truc qui gigote, je n’ai pas à choisir c’est la même chose, le roman c’est de la peinture, demandez à Flaubert,  la peinture, c’est de la poésie, demandez à Baudelaire, Nadar n’est pas si loin….  Et puis la musique.. bin demandez à Debussy, à Deodat de Séverac, à Satie s’ils ne font pas de la peinture… Beethoven était tellement sourd qu’il croyait qu’il était peintre… Alors moi quand je serai(s) grand je serai Passe Muraille..

Photo © Masha Mosconi

Le crime paiera t-il ?

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Le roman aussi ! Populaire de plus ! Noir, Policier oui. On va d’abord chez le libraire du coin, on achète les succès de librairie, et lire ceux qui cartonnent. Ho ne ricanez pas, même que 200 000ex  de chaque, je suis preneur,  voyez comme je n’ai pas d’ambitions. Quelle étrange entreprise que de vouloir faire frémir les honnêtes gens ; voilà où je navigue. Faire un voyage ce n’est pas faire du tourisme, et pour le voyage dans le temps, c’est pareil, il faut pouvoir animer un présent comme si l’on rentrait de ce long périple et que l’on racontait tout, soirée diapo s’abstenir, l’expérience n’étant pas la vérité, ce n’est pas grave finalement, immersion et inventions. Alors il faut ingurgiter des kilomètres de données de tous bords, complexes et contradictoires, anecdotiques, idéologiques pour y fabriquer des souvenirs, une réalité de roman. Il y a une grande différence entre Tintin en Amérique et le Lotus bleu… On ne peut pas être ignorant, si l’on doit être omniscient dans le monde romanesque que l’on fait vivre non ?

Tiens ça me rappelle, un truc sur Umberto Ecco, que je n’avais pas lu mais que l’on m’encensait, et quel savoir, et quelle culture, et blablabla, et les niveaux de lectures genre « comprend qui peut » même la populace peut comprendre quand même etc. Bon, il y a quelques temps, un ami lumineux, me conseille « le pendule de Foucault » quoi, tu n’as pas lu ça ? Bon pas bégueule, je me dis qu’après tout. Et Pan, dès le début, dans la visite du musée des arts et métiers, sur les modèles des voitures qu’il décrit, une Peugeot C6 ou quelques chose du genre, L’auteur voulant faire montre d’érudition mécanique et de précision, boum il se goure de modèle, d’années, oui, parce que moi je vérifie tout, il faut être un vrai flic si on veut écrire du crime, et si l’on veut qu’il paye et voir aussi une âme enfouie d’assassin qui sait. Donc à la 20eme page Umberto écrit une bêtise, le bouquin me tombe des mains. Ok, aucune incidence sur l’histoire certainement mais je n’ai plus confiance…  A mon tour, alors croyez moi, que le prix du café entre 39 et 44, ou le nombre de calories par jour, jusqu’au prix de l’étoile jaune et les fabriquants, il faut être dans le cadre, non pas pour réciter la leçon, non, au contraire, surtout pas, pour en sortir et tisser une fiction. Il m’a fallu bien cinq années d’immersion pour naviguer à l’aise dans cette fin de IIIème république et l’état français. Même s’il faut remonter à son début, à 70, et qui dit 1870, dit 1848, qui dit 48 dit monarchie de juillet, Empire, Brumaire, Terreur, constituante, pas jusqu’aux dinosaures, il faut être raisonnable. En passant par Sartre et la fille Laval par exemple.

Avoir un discours politique dans l’histoire, j’ai bien ma p’tite vision globale, une idéologie se rapprochant d’un anarchisme stoïcien pour résumer, mais comme lorsque j’étais enfant, il faut d’abord jouer à se faire peur, et comme chez Stanislavski… Et si … Conditionnel, et toutes les questions qui mettent en scène l’action et le présent. Un présent de roman bien sur, une illusion pour laquelle les gens payent comme disait Jouvet.  Ca m’plait bien tout ça.

 

Moi, Scénariste 4 ans

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En  1968, tout commence, enfin, je parle pour moi là, ce qui commence, c’est se cultiver. Oui déjà à 4 ans, le travail commence. Et ça commence Par Zorro, le Jeudi midi, sur la seule et unique chaîne de télévision et en noir et blanc.

Je vous la fait en accélérer, où d’ailleurs tout se mélange, les enquêtes de l’inspecteur Ludo de PIF, le premier Hitchcock, Simenon, Monsieur Lecoq,  Rouletabille, Léo Mallet, Boileau Narcejac, Le juge TI, Clouzot, Humphrey Bogart, Edward G Robinson, San Antonio, Melville , le doulos, Druon et ses rois maudits, je n’ai pas une culture d’hypokhâgne, non j’ai celle d’Audiard, d’Henri Jeanson, de Roumagnac, et de l’imperméable et du chapeau, mou, de la traction avant,  des sacs de billets qui s’ouvrent au fond de la piscine, du samouraï et de son jeu de clé de démarreur. Maigret tend un piège.

Oui bien sûr il y a des lectures plus savantes, mais quand même, le voyageur imprudent de Barjavel, Louis Jouvet, copie conforme, Quai des orfèvres… Je ne suis pas un gros lecteur, le cinéma, oui, « meurtre dans un jardin anglais » pour le ma raconter un peu,  Kubrick,  y’en a des tonnes. les bêtes du placard du cercle rouge, L’armée des ombres… Melville quand même je le cite, il m’a marqué le pépère.

C’est un truc qui vient se loger par là, quand je jouais aux gendarmes et aux voleurs, qu’on se raconte des histoires avec des sujets en plastique, u  mélange hétéroclite, de petites voitures, à la peinture écaillé, des soldat de plombs, en plastique, en plaque derrière le pot de moutarde sur la table entre verre avec Astérix floqué dessus, et la boite de vache qui rit.. J’avais deux boites en bois, remplis de trucs comme çà que j’associais pour me raconter mes histoires pendant que la radio tournait et que Pierre Bellemare devait déjà raconter ses histoires zextraordinaires.

Rien n’a véritablement changé depuis mes 4 ans, j’écoute toujours la radio, et je me raconte toujours des histoires… Alors ça suffit maintenant, j’vous les raconte, Faut que ça sorte Merci à maman pour m’avoir donné le gout du roman historique, merci à Papa pour m’avoir donné le gout du policier, et du film  noir, un fan de Simenon. J‘ai continué le boulot, en fait. Voilà pourquoi je farfouille dans ce coin, ça doit être pour que ne jamais que meurt ce moment de ma vie où tout y était si calme, si drôle, si rassurant. Ouais, il y en qui n’ont pas de bol dans la vie, et il y a ceux qui en ont… Moi ? J’en ai eu, à revendre, à partager, que ça en dégouline, alors quitte à m’amuser, autant en faire profiter tout le monde.

J’ai eu beaucoup de chance de tomber dans une famille tranquille, sans tralala. Sans vanité. Il y en a, Oui j’ai eu beaucoup de chance, et je n’ai pas souffert. Alors voilà pourquoi c’est toujours aussi présent, si je dois encore m’amuser c’est bien pour replonger dans mon monde merveilleux de l’imaginaire avec ce petit garçon de quatre ans qui va m’inspirer, qui est encore là, c’est lui qui va me guider. Étonnant non ? Comme disait l’ami Cyclopede.

J’veux du soleil

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Pour être Exact, nous sommes, du moins je suis, en 73, pas de choc pétrolier encore, pas de chômage, si peu,  il se peut qu’il y ai encore quelques bidonvilles, mais non, n’en parlons  pas, parlons Trente glorieuse, parlons « flower-power », ne parlons pas que l’on traite les arabes, de bicots, de crouilles, de melons, de ratons, non voyons les années 70 c’est le bonheur, pas de limite de vitesse, on roule bourrés dans  des bagnoles qui se plient comme des accordéons bref, le bonheur. Les colorants, ha le paradis, Haaa les bonnes ratonnades du 26 Août 1973, Les violences policières devant chez LIP à Besançon, le bon gout des vacances, et moi ?  Je pose pour le prochain calendrier des PTT.. Mais oui voyons les PTT, Ha comment expliquer ça aux jeunes générations ? Enfin voyons le service public… La solidarité… Le CNR… Bon passons  la suite

Et Louis de Funes, Génie dit on maintenant ! Le 18 Octobre 1973, on détourne même un avion pour protester contre « Les aventures de Rabbi Jacob« , la forcenée y voit un truc pro palestinien… La joie de vivre des années 70, Les rock américain ? Quel bonheur, et les hippies, qu’ils sont beaux, à danser des farandoles dans les rues, à se baigner avec leur jeans, Je les ai vus mesdames messieurs, Et le joueur de guitare folk… Ha le guitariste bronzé, le motard la belle bagnole, ha je vous fais rêver les filles…

Au mois de février on inaugure Le centre commercial de Rosny sous bois en seine saint Denis , c’est un beau progrès que cette belle croissance toute neuve.

Pourtant dans cette pureté, dans cette iconographie paradisiaque digne d’une propagande pour les témoins de Jéhovah, je découvre pourtant les prémices du sentiment amoureux, voire même je pourrais dire sans le comprendre le désir. Oui oui, Un couple d’ami de mes parents, enfin, les grands enfants d’une ancienne patronne de ma mère lorsqu’elle bossait comme domestique pour les rupins de Neuilly du neuf-deux, et qui venaient l’été dans la maison de famille où maman fut pour prenier boulot, dame de compagnie d’un vieux bourgeois fortuné, Madame s’en allait en ville… Oui oui, on a compris. J’vous raconterai aussi comment on passe de la Charente inférieure et maritime aux grands boulevards de Neuilly… Ce jeune couple, fraîchement amoureux, elle, une Esméralda en robe d’été bleu turquoise, brune, bouclée, bronzée, tellement belle, que pourtant, malgré mes, à peine 10 ans je vous rappelle, je compris déjà ce qu’est le sentiment amoureux, on y voit sur la diapo, si vous regardez bien dans le détail déjà des cœurs tatoués au stylo bille, même si je fus jaloux de son futur mari, Un beau mec ressemblant à Ric Hochet fumant la pipe en pull Cyrillus, hé oui battu le Laurent. Je compris donc et  en accéléré ce qui m’attendrait un peu plus tard, car tout commence 5 ans après ce n’est pas si loin ; surprendre ce couple s’embarrasser vraiment je pris conscience ce qu’est l’amour physique aussi, et ce cercle voluptueux où tout y est lié. A bon entendeur-voyeur, Salut.

Mais ce qui compte d’abord en 73, c’est mon vélo, les petits chienchiens, et la liberté de tous ces grands étés que me parents ont pu m’offrir, pas de colonies de vacances, non, la liberté, Passer deux mois complets en slip de bain et méduses, en vélo à manger des pèches des brugnons et lire Pif Gadget, car nous sommes de gauche dans la famille… Oui la gauche, la vraie.

 

 

L’avenir du Pêcheur

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Août 85.

Pour raconter ma vie, j’aurais pu, comme il se doit, commencer par les photos au berceau, elles sont là, mais  j’ai préféré commencer le montage par mes 21 ans au beau milieu des années 80, la majorité absolue, et aujourd’hui à l’heure du revival de cette période plastique et conso, on peut se demander en historien : « Mais, c’est quoi un jeune dans les années 80 ? »  La sociologie est mise à bas par ce seul cliché. Si on devait n’en prendre qu’un, je ne suis pas le bon échantillon pour Bièvres. Quelle représentativité ? Un jeune anarchiste ? Le look léniniste ?  Un indigène des peuplades d’Amazonie, colonisé ou pas ? une bande annonce d’époque de la sortie du prochain « connaissance du monde » ? L’enfance de RAMBO ? Non, nous sommes en France, Roger Giquel pourrait rajouter   » La France a peur ». C’est dans l’Héraut, Ce sont les années Mitterrand.

Concentrer sur ma gaule, ce qui a 21 ans est … Ha ça ricane dans le fond ! C’est la canne à pêche, le symbole de la ligne de conduite de la connection au grand tout, c’est de ces questions dont je parle.. Pénibles… Donc seule au monde et concentrer sur ma… Ligne qui trempe au fond… Bon c’est bon je laisse tomber la philo, y’en a pas un qui suit. Ce rigole, je perds mon temps.

Pour ce qui est de la pèche, je rassure les ânes sensibles qui préfèrent les ramener surgelés, les pauvres poiscailles hameçonnés étaient systématiquement rejetés à la rivière. Sinon pour les gens normaux, c’était quoi les années 80 ? Le club med’, les vacances en Espagne, Les campings bondés ? Les bouchons de la cote d’Azur ? Les seins à l’air avec le coup de soleil qui va avec ? Mes vacances ont l’air des congés de payés de 36, d’une partie de campagne à la Renoir, ou d’un chasseur cueilleur du Néandertal.

Pourtant dans ce calme, dans cette solitude, il se trame quelque chose qui un mois plus tard va changer ma vie. Septembre 85, je renoue avec mon flirt de mes 15 ans, je pourrais vous dire que j’aurai mieux fait de me péter une guitare, mais dans les 25 années de mariage qui suivirent, viendront sur notre belle planète terre, Deo gracias, trois enfants qui se joindront à celle qui étaient déjà le berceau depuis  8 mois, la cigogne l’ayant précédée. A 22 ans, bientôt j’entrerai dans la cour des adultes responsables, mais dans ma tête de petit basque, reste gravée cette image.  Oui j’aurais mieux fait de me péter une guitare, nous verrons ça plus tard. Tout commence, je deviens musicien, dans des groupes de punk et de musiques expérimentales, mari, père, que votre volonté soit faite, que votre règne arrive.

Les années 80, c’est ce mélange de l’après guerre, de 68, d’Hara Kiri, De Mitterrand, de l’informatique que se repend partout, entre anarchiste, communiste, banlieusard à la Higelin et Marthe Keller, beatnik et geek, tout se mélange de Jean Gabin à Franck Zappa, De Choron à Bernard Tapie, De Bernard Pivot, à Coluche, ils sont tous là, Reiser, Gotlib, Metal Hurlant, je les ais tous eus, tous les trucs de gauchos, à part la dope, «  4 pétards et puis s’en vont, je ne suis pas tombé dans le panneau, je les ais vus les mecs sous acides sous héro, encore à ramper pour le fric, il y en a encore comme les alccolos acrocs au sucre, les junks restent accrocs au fric. Toutes ces saloperies pour tous les cons,  et l’alcool :  ravage. Entre ceux qui sont crevés, ceux qui sont des loques, moi impec , pas d’alcool, pas de dopes, pas de clopes… Comme neuf.

De ma mère dans les orphelinats de la Charente inférieure,  au Paris de Giraud par mon père et son frère jumeau issu de San Antonio, à Nanterre des années 70, par ma frangine, à Mes potes socialistes de 80, les vrais hippies et beatnicks, tout ce monde interlope qui me composent. alors sur cette photo je suis seul, mais toutes ces choses qui me font aller jusqu’à mes 55 ans sont une suite pas logiques, pas morales, pas vertueuses, un long collier de péchés surtout amusant, rocambolesque, je conseille la désobéissance très vite mais je déconseille le manque de valeurs de discipline et de raison.