LA CONQUÊTE DE L’OUEST

« T’as vu comme il est beau ton père ! » dit maman, alors qu’il a 80 piges et qu’ils approchent leurs noces de diamant. Toujours cette moustache impeccable entre Errol Flynn et Guy Williams. Maman a su s’imposer, quand, dans Neuilly, Le père toujours élégant s’encourait de porter les bidons de lait de la jolie blanchisseuse du quartier de la rue de Chezy. Maman dit : «  j’ai mis très vite court à ce petit manège » et la blanchisseuse dont elle se souvenait encore du nom, Florence , est vite retournée à ses fers. 8 ans d’écart, Maman a su faire parler la poudre de l’expérience. Ils se marient, lui a 22 ans et elle a donc 30 piges.

On est en 55 et pour que les deux se trouvent, il aura fallu tout le hasard, disons les contingences heureuses de ces parcours rocambolesques. Maman part de Cherray dans l’île d’Oléron, grande famille dont un secret à fait s’envoler biens et patrimoine, (je vous raconterai, en même temps c’est un secret dont personne n’a la solution mais avec un peu de réflexion..). De l’autre cote Papa né dans le XIVème, mais ça vient d’Espagne, du pays basque on arrive à Paris en 33. Occupation des postes de domestiques et concierges de Neuilly ! Un lobby qui remplace les bonnes bretonnes, dans les loges… D’immeubles. On y met une guerre mondiale au milieu, donc, et finalement, pas besoin de thérapie, de séances d’hypnose et de pleine inconscience pour trouver ce fichu bonheur. Oui aujourd’hui on nous vend tous ces faux bonheurs hypnotiques, ces pieds de nez fait à la science, conduit par des tartarins de la philo, des camelots déguisés en docteur, commerçant de l’illusion et l’ignorance.  Bref je m’énerve tout seul !

Revenons chez Maman à un monde sans électricité ! En Cosette, orpheline très tôt, doit en hiver, la nuit tombée, aller chercher de l’eau au puits ou je ne sais quoi d’effrayant, un truc à La Hugo quoi ! Ces taches lui sont confiées par des bonnes sœurs menant ces jeunes filles à la baguette, au crucifix Elle dit ;  » je subis les humiliations des sœurs, au garde à vous au pied du lit, je dois présenter l’état de ma petite culotte du jour, sans compter les moqueries de mes jeunes camarades, qui me trouvent un surnom de « mouton trouillard », je ne sais pas pourquoi ». Une injonction de gamines qui peut vous poursuivre toute votre vie. Nous sommes là dans les années trente à la mode de l’hôpital général et des enfants abandonnés. Quand la guerre éclate : aller zou ! Tout l’orphelinat part en Angleterre. Je comprends pourquoi par la suite, elle tient tellement à la cohésion de la famille, elle me dira quand je divorcerai, qu’elle ne comprend pas sa bru, qu’elle est prête à tous les sacrifices pour préserver cette unité…. Bon bon !

De l ‘autre coté de la manche à Neuilly sur Seine, ce sont les bombardements des usines de Billancourt. Dans les caves de Neuilly, mon père, dit qu’il croyait que l’immeuble s’était effondré au dessus de lui. Non point, il y a une dizaine de kilomètres entres les usines de Boulogne et Neuilly. A là libération il est terrorisé par les GI bourrés comme des russes qui volent cassent violent. Ce bazar prend fin et dix ans après mariés puis un enfant puis deux… Je peux remonter encore au temps quand en Espagne, les arrières grand parents, vendaient fruits et légumes, et bien sur ne savaient pas écrire, l’acte de naissance de mon grand est signé d’une croix. L’orthographe du nom… change « A été présenté à nous à la mairie d’Arcangues »… Ha non, pas Luis Mariano !

Oui donc tout cà, non pas pour vous tirer des larmes et essayer de vous vendre la suite non…Hop, je bascule ! Aujourd’hui, Application de rapprochement de profil qui attire notre attention sur les critères scientifiques. Il ne s’agit plus de contingences, mais d’illusions de la technologie, la croyance au service de la science. Et encore j’habite une grande ville donc y’a du choix dans la date, très bien, mais allez vous fourrer dans des bleds où les seuls mecs qui tiennent la route sont des Jonathan Daval, un joueur de rugby de Lépanges-sur-vologne ou un pompier protéiné. Y’en a qui préfère des commerciaux avec un gros engin décapotable…

Ouais, le bonheur donc ? A suivre !

Photo Octobre 1965 – Moi

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