Pays Briard

Bon c’est vrai, j’avoue, mon dernier texte ne brillait pas par sa poésie, mais aujourd’hui c’est différent, il ne s’agit pas de s’en aller fouiller dans mon enfance pour en ressortir des madeleines rassies, je peux devant vous faire la démonstration que dans ma mémoire proche, il existe aussi un foutoir inscrit au même titre que les biscuits à Marcel. Je vous ai déjà raconté mes aventures d’avec ma poule bretonne, ce personnage balzacien qui nous a tant fait rire, à mes dépends je le concède. Un mélange du syndrome de Peter Pan, de Dory le poisson et puis ça a plutôt pour moi fini en chicken run,  Il y en a d’autres bien sur, une charmante collection de frapadingues plus névrosées les unes que les autres mais qui correspondent certainement à l’état dans lequel je fus finalement à ce moment précis de ma burlesque existence.

J’ai encore dernièrement à la sortie de cet hiver, tenter un flirt audacieux. Une blonde à gros nibards pour schématiser tout ce qui inspire l’amour courtois, l’envie chevaleresque de découper les volailles, danser la tarentelle, jurer fidélité et tout le saint Frusquin. Le problème c’est que pour avoir un rendez-vous avec cette princesse, il ne fallait pas tuer un dragon ou ramener le graal non, il fallait trouver un créneau entre les cours de Zumba, les expos, les soirées avec les copines, les randos, le vélo, le ski, les séances de méditation, enfin tout un bric à brac qui comble la solitude des quinquas déclassées et qu’on se demande : un mec ça serre à quoi ? Je m’interroge encore sur la différence pour elle entre un clébard, un chat et un mec. Et en plus l’indélicatesse de la meuf, qui accepte bien que tu lui fasses du gringue Samedi en quinze, mais qui chouine sur ton épaule vu que dans les soirées Salsa, plus personne ne veut jouer à frotti-frotta avec elle parce que vieillie, et que les hormones se sont fait la jaquette. Bin ouais le pompier de service, le jeune qui bouffe des protéines et du work-out avec tutos sur youtube, il ne veut peut être baiser sa grand mère à moins d’un fantasme ou d’une déviation qui dans ce sens là n’est pas pénale ceci dit.

Bien ! On intellectualise la relation, on théorise à tout va, en se disant que l’amour, la liberté du couple, je ne sais plus trop quoi c’est formidable de le partager. Et me voilà parti, chez elle, puisque ses mômes n’y sont pas. Promenons nous dans les bois puisque mamie est là… Jusque là je vous avoue que je ne sais pas trop ce que je vais y faire, donc je prends mon 24×36 Canon AT1 et quelques pellicules Ilford 100 et 400 Iso, au moins je shooterai des bricoles de sa cambrousse… Coulommiers,tout le monde descend ! Bon déjà la Mayenne y’a rien, mais Coulommiers, heureusement qu’il faisait beau, le moyen âge, le pays Briard. Même quand il fait beau c’est déprimant. Ballade digestive dans les marais  après un boulgour bio un pomme bio et du rouquin bio. Déprime bio à suivre…

Une belle promenade revigorante, le long d’une rivière constellée de pneus, de carcasses de bagnoles et de mobilier jeté à la flotte. Et moi genre, personnage des comédies de Tchekov, dans la nervosité luttant contre la déprime du moment, mais pas la digestion, j’ai déja faim,  j’me chope une migraine ophtalmique à l’oeil droit pendant une trentaine de minutes. Ne voulant pas être mufle puisqu’elle s’assoie sur un banc, je veux me montrer un peu charmeur et tout, c’est genre le moment romantique qui s’installe, donc si je ne fais rien, elle ne va pas se sentir désirable, et ça va se mettre à chialer ou m’insulter encore…

Au loin on crame des feuilles qui envoient une fumée se transformant en nappes de brouillard sur une lande jaunie et marécageuse découpant le soleil pâlichon. Au loin on entend quelques voitures qui passent, une moto trial qui pétarade, et parfois le vent tiède ramène avec une odeur de merguez dominicale, quelques bribes de musique du mauvais disco de la salle des fêtes à moitié déserte où sur le perron une majorette une peu grasse fume une clope en regardant son smartphone, entourée de quelques péquenots endimanchés, attifés en louffiats qui servent les petits fours.

Et moi, il faudrait que j’emballe Janis Joplin ménopausée. Il faut faire abstraction, dire que c’est un beau pays, que j‘aime la campagne et le calme, je me concentre, j’essaye de ne pas me comporter en mufle, c’est-à-dire en ne lui pas disant la simple vérité. « T’es moche, ton pays est tarte et j’ai faim ». Non j’exagère, pour qui j’me prends.. Et là alors que je me tiédis, j’oubliais le coté marécageux de l’histoire et commence tranquillement à deux pas de nous, un appel ! Une grenouille, un petit machin, le truc qui si tu l’embrasses ça devient un prince, Crooa, une puis deux, puis trois et finalement la mare devant mes pieds entre les joncs sont entassées je ne sais pas,  peut être 10 000 grenouilles, qui en quelques minutes emplissent la lande d’un vacarme assourdissant. Je n’avais pas lu le petit panneau, que les grenouilles baisent toutes dans la mare.. Partouze géante orgasmique apparemment. Pas pour tout le monde en fait.

Alors entre les poules qui m’amènent des puces, les grenouilles qui cassent la baraque déjà chancelante, je me méfie désormais des filles de la campagne, on n’est jamais vraiment seul finalement, une chambre d’hôtel canal saint martin c’est plus discret. Ça a finit comment ? Pff fiasco non pas de détails après la partouze de grenouille j’avais peur qu’au moment ultime du coïtus elle eut croassée,  non coassée, j’ai préféré l’interruptus, elle a bien essayé d’acheter mon désir avec un esquimau noix de coco chocolat à sucer à deux.. Ho non ça suffit, je rentre chez moi, Morale de l’histoire ?  bin je sais pas… je sais plus…

Briard007Pays Briard ©Moi2018 (Paysage/Landscape)

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